Hagiyaki – premier contact

Septembre 2003, Hagi, Japon.

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C’est à l’occasion d’une excursion dans la province du Yamaguchi, accompagnant un groupe de musiciennes pour un concert de Koto que pour la première fois je me rendais à Hagi. C’était pendant la saison des cosmos et des fleurs d’équinoxe. Les fleurs d’higanbana formaient alors de jolies taches rouges au milieu des champs.

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Hagi est une petite ville coincée entre mer et montagnes. Située sur la cote ouest du Japon, face a la Corée et la Chine c’est un endroit qui a joué autrefois un rôle important dans l’histoire du pays. Ici aussi des hommes se sont battu pour défendre un idéal. De tout cela restent aujourd’hui des rues dans lesquelles s’étirent de longs murs blancs d’où émergent de grosses mandarines que l’on appelle mikans.
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Dans la couleur des bols, tirés d’une terre riche en fer, une fois passé l’épreuve du feu, on retrouve la couleur du sable, des rochers, de la mer, enfin, la couleur du pays.

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A la simplicité et la sobriété des céramiques répond le mouvement des vagues. Iles, mer et montagnes, tout un monde en miniature et personne, ici encore absolument personne dans les rues. Pas de précipitation, en un jour ou en une vie tout sera pareil,la ville semble immuable à l’image de ces bols, argile malléable qui une fois passé l’épreuve du feu, deviennent à jamais indestructible.

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La terre rouge est difficile à travailler mais elle donne des résultats étonnants. Les bols produits ici sont pour la cérémonie du thé parmi les plus renommés au Japon. Ils ont la propriété de changer de couleur en vieillissant. A mesure que le thé pénètre la couverte rendue poreuse à la cuisson, le rose pale prend des reflets un peu ocre qui s’harmonisent bien avec la mousse vert cru obtenue à partir des jeunes feuilles de thé réduites en poudre.

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Lors de cette première visite, j’ai acheté quatre bols en forme de gobelets, tous dans des tons de gris et de rose mêlés. Le cinquième, celui que je n’ai pas acheté parce que je n’avais plus assez d’argent et qu’il m’avait paru cher, je le chercherai encore longtemps à moins qu’un jour je n’arrive à le produire moi même. C’était un bol pour la cérémonie du thé alors que les quatre autres sont en fait deux paires, chaque paire étant constituée d’un bol plus grand, la main de l’homme étant plus grande que celle de la femme. Ces bols auraient-ils été appréciés en France, dans le doute, finalement je les ai gardés. Au Japon, l’amie a qui j’en destinais un a refusé ce cadeau, question de culture, d’éducation ou de sentiments, une fois de plus, comment savoir? Inséparables compagnons du matin, j’utilise depuis ces bols tous les jours. Ensemble nous affrontons la patine du temps.

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