Kamakura – Oribe

Octobre 2006, Kamakura, Japon.

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Dans l’atelier de Kamakura, pas de machine, les bols sont tournés à la main. On m’a appris à creuser d’abord l’intérieur de la terre avec les pouces des deux mains et ensuite à travailler intérieur et extérieur en même temps. Puis, on laisse sécher, quelques heures au soleil ou sous une lampe. L’argile durcie, il devient possible d’affiner le bol sans le déformer ou le casser. L’extérieur reçoit alors sa forme définitive, l’intérieur se creuse et s’arrondi davantage. une fois les parois plus fines le bol gagne en légèreté. Pour limiter la déformation lors du retrait qui a lieu à la cuisson il faut donner à toutes les parois la même épaisseur.

   

Ce jour la, la terre utilisée est de couleur foncée. Pour mes premiers essais à l’atelier, le maitre s’occupe de l’emaillage. Oribe demande-t-il alors que le soir venu je me prépare a partir? « Hai », oui! Je réponds sans etre bien sure de ce dont il s’agit, mais cela semble si naturel pour lui. La semaine suivante, ma surprise est grande lorsque je trouve des bols blanc bordés de vert (cuivre). Ces premiers bols ne portent pas les motifs marron (oxyde de fer) souvent aussi caractéristiques du style. Cela viendra dans mes prochains et nombreux autres essais.

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Je pense tout d’abord qu’Oribe, le b se prononce v au Japon, signifie vert olive! Mais rien a voir bien sur avec les oliviers qui bordent la Méditerranée. Oribe est le nom d’un maitre de thé, Furuta Oribe, qui naquit dans la deuxième moitié du 16ième siècle (1544-1615). Le style Oribe est très populaire dans l’atelier.

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Je crée chaque bol indépendamment des autres même si je fais des séries autour d’un même thème, d’une même combinaison de terre et d’email. Je travaille des formes et des couleurs suivant l’inspiration du moment. Ensuite je compose des paires, il y a des bols qui posés l’un à cote de l’autre, deviennent inséparables tellement ils s’harmonisent. Le matin, lorsque je les voie briller sous les rayons du soleil au bord de la fenêtre ils ont un air heureux et au moment de partir pour le bureau j’envie leur journée.
    
De plus en plus je me prends a réver d’un atelier ou je pourrais vivre du travail de mes mains. J’apprécie la compagnie des gens de l’atelier meme si tous concentrés sur leur travail parlent peu. On parle lors de la pause, à l’heure du thé vert. On ne parle jamais du temps qui passe, on parle du temps qu’il fait.  Manipuler l’eau, la terre, l’encre et le feu pour créer et non les hommes pour les utiliser et les casser. Plus j’avance et plus je me dis qu’il faut se méfier de ceux qui ne savent rien faire de leurs mains. 
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